BONNE ET HEUREUSE ANNÉE 2017 ……….. LA FABULEUSE HISTOIRE DES JOUETS EURÉKA » (4)


Bien évidemment, je remercie l’hebdomadaire « La vie de l’Auto » et Jean-Pierre d’avoir bien voulu consacrer à notre univers 4 pages dans le n°1747 du 22 Décembre 2016.
Je les remercie particulièrement pour avoir satisfait à ma demande en nommant bien les sites Français présents actuellement sur la « toile », ceux des passionnés de voitures à pédales anciennes qui partagent leur temps et leurs connaissances en apportant une aide précieuse à tous les autres:
-Celui de « Tous les copains » :
« Autotitre »
-Ceux de mes amis :
« Le Palais de la Voiture à Pédales »
« Le site de Jean-Pascal »
-et le mien, « L’Univers des voitures à pédales et à moteur pour enfants ».

Mais là, je dois compléter l’histoire de la marque Euréka…

Alors, mieux qu’un conte, je continue mon récit de la Fabuleuse Histoire des jouets Euréka et j’ai réservé à cet épisode, pour fêter la nouvelle année, l' »Épopée glorieuse » de 1922 à 1939, celle que je considère comme étant l’APOTHÉOSE.
Certains « scoops » devraient vous surprendre et je joins quelques photos inédites.
(N’oubliez pas de cliquer sur celles-ci pour les agrandir.)

Tant en matière d’innovation, qu’en mat!ère de qualité de fabrication et en volume de production, cette période d’EURÉKA aura marqué l’histoire du jouet dans le monde.
En effet, mon dernier volet (n°3) sur cette saga commentait les débuts de la nouvelle usine de Pont-Saint-Pierre/Douville-sur-Andelle, l’embauche du directeur Technique M. Xavier Grandvoinnet et la sortie de la première voiture à pédales à moteur mécanique, la surprenante « Sport 22 », code usine EK01, à la fin de l’année 1922.
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Nous voyons aujourd’hui que celle-ci sera suivi, sitôt 1923, du splendide et grand modèle (1,55 m) « Sport 23 », code usine EK02, dit à ailes-papillons, équipé de roues à rayons, à la carrosserie en métal en 2 parties (la pointe arrière se recule entrainant le siège, pour faciliter l’accès aux plus grands), toujours sur un châssis en bois de hêtre avec une calandre style Chenard & Walcker.
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Sur cette lancée, l’année suivante verra le « Sport 24 », code usine EK03, héritant du début d’une étude sur la réduction des coûts de construction, toujours sur châssis en bois et carrosserie en métal, mais plus court et plus fin, accompagné d’un autre SP24 ultra-court.
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Sport 24 courte
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C’est en 1925 que M. Grandvoinnet mettra en place les objectifs de l’usine, diversifier sa clientèle et augmenter ses volumes en proposant des jouets à des prix moins élevés, destinés aux familles moins fortunées, avec le premier modèle de la série BB, la « BB 25 », EK04.
Par la suite l’appellation « BB » restera réservée aux petits modèles (les bébés) équipés de cette transmission.
Cette « BB 25 » perd donc le couteux système de propulsion à moteur mécanique et elle hérite d’un simple essieu arrière vilebrequin. Elle abandonne le châssis en bois pour devenir tout en métal, et elle troque ses allures de Chenard & Walcker contre la silhouette élancée de la reine en course, la Bugatti.
Fini la calandre « anguleuse » et Vive la calandre (presque) en « Fer à Cheval » et la pointe Bordino !
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L’année 1925 verra également la participation d’Euréka à l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes A Paris, dans Le Village du Jouet, avec un magnifique stand imaginé par le dessinateur/affichiste Francisque Poulbot qui restera pendant longtemps le bras publicitaire de la marque.
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L’Automobile est à cette époque de plus en plus présente dans la société Française, les courses de ces bolides attirent les foules et les courses de voitures à pédales en font de même.
La « BB 25 » obtient un réel succès mais, pour les dirigeants, une voiture spécialement destinée à la course doit impérativement voir le jour.
Ce sera une « Sport », en 1927, la « Sport 27 », code usine EK05.
Ici pilotée par l’un de nos célèbres coureurs automobiles, Maurice Trintignant:
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Elle retrouvera un moteur mécanique évolué mais, n’obtenant que la deuxième place à sa première participation, l’usine décidera de l’améliorer avec la « Sport 27/2 » EK06.
Elle créera un « Département Course » dont une véritable équipe se verra dotée, l’année suivante en 1928, du premier modèle dénommé « Course », le « Course 28 », code usine EK09. Celui-ci, surbaissé, est équipé d’un système de freinage à double tambour et son moteur mécanique hérité du « Sport 27 » est encore « affuté » avec 2 roues à rochets aux dents élargies, comportant chacune 2 cliquets.

L’équipe de compétition commence à former et à entrainer régulièrement de jeunes pilotes (cf. copie d’une note de l’usine) et elle a la chance de pouvoir profiter des talents de son nouveau champion qui n’est autre que Marcel Grandvoinnet, le fils du créateur de ces magnifiques autos, qui remporte presque toutes les épreuves.
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En même temps, pour augmenter encore ses volumes, Euréka lance le « BB 28 », code usine EK 08, le plus petit, le plus simple et le moins cher de la gamme.
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Les courses de voitures à pédales, organisées jusqu’alors par des grandes stations balnéaires Deauville, Les Sables-d’Olonne, Nice, Cannes, etc. et Paris, attirent un public de plus en plus nombreux et, en conséquence, des constructeurs qui trouvent en ces manifestations sportives un véritable outil promotionnel.
Euréka ne s’y trompe pas. Elle lance aussitôt l’étude d’une autre voiture de course, elle sera la plus célèbre, la plus belle, la plus grande, la plus rapide, la plus…, la plus………..la plus… la « Grand-Prix ».
Elle est vendue à partir de 1929 sous le nom de « Course » et ensuite « Course Grand-Prix », code usine EK10, elle marquera son époque et elle reste encore aujourd’hui l’une des voitures à pédales les plus recherchées.
Elle est proposée sous 3 formes différentes : Bugatti (sans jamais porter ce nom), Chenard & Walcker, et Panhard et Levassor.
Les calandres Chenard et Panhard sont fournies par ces marques, arborant leur célèbre logotype.
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Les modèles « Usine », construits en aluminium, aux quelques pièces mécaniques renforcées, et au châssis considérablement allégé rafleront dés lors les trois premières places de chaque course.
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A la fin des années 20, M. Jacques Goddet, Directeur du quotidien L’Auto (aujourd’hui l’Equipe), et futur Directeur du Tour de France cycliste, organisera la plus grande Course de France, « Le Grand-Prix Automobile de la Ville de Paris ». Celle-ci, toujours remportée par les Euréka à moteur mécanique sera partagée en plusieurs épreuves dont l’une d’elles deviendra, pour l’usine, le « GRAND PRIX DES AUTOMOBILES MÉCANIQUES », à cause de sa suprématie.
Cet évènement se déroulera ensuite chaque année, toujours sur l’esplanade des Invalides avec la complicité de Messieurs Kratz et Grandvoinnet, régulièrement filmé par les grands médias de l’époque « Pathé-cinéma » et « Fox-Moviétone », jusqu’à la guerre en 1939.
Mais observez attentivement cette « Course-Usine » au châssis alvéolé, de couleur sombre, étalant fièrement sa marque sur son capot…Elle a perdu sa pointe Bordino au profit d’un arrière du type « Roadster » ?
Nous retrouverons cette ligne, un peu plus bas, sur un autre prototype.

Elle a été construite en 1933, d’après le « Livre des décisions ».
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N’oublions pas que pour parvenir à une telle notoriété, Messieurs Kratz et Grandvoinnet entourés d’une véritable équipe d’ouvriers spécialisés, ont mis au point un outil exceptionnel, une usine dite « A production intégrée » la fameuse usine de Douville-sur-Andelle.
Ce groupe d’environ 250 personnes assurera, pour l’année 1933, la construction de 53000 voitures à pédales vendues dans le monde, nonobstant tous les autres jouets, rameurs, trottinettes, poussettes, tirs, etc.
Ses méthodes et son outillage performants, (par exemple l’assemblage par rivets, les énormes presses pneumatiques etc.) permettront à cette entreprise de proposer une gamme de jouets très complète: Des plus petites aux plus grandes voitures à pédales, des bateaux à pédales avec ces exceptionnels « Hydroglisseurs », des moto-torpilles, des jeux divers, et des tirs, des tirs, des tirs…
Avec une grande attention on peut apercevoir, sur le troisième cliché, un hydroglisseur amarré à l’embarcadère.
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Pour cette période prolifique, je dois citer également la production des autres jouets « haut de gamme »:

3 modèles biplace à 4 pédales,
– 1928, « Tandem » EK 07.
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– 1933, « Côte-à-côte » EK 15.
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– 1938, « Côte-à-côte » EK 22.
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5 modèles 1 place (à porte et coffre ouvrants) :
– 1933, « Junior » EK 12 (sans porte).
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– 1933, « Touriste » EK 13.
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– 1933, Sport, EK 14.
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– 1935, « Super-Junior » EK 19, aux allures de `Delage.
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– 1935, « Super-Touriste » EK 20.
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1 amusante petite « Camionnette » EK 16, et sa « Remorque » EK 16 bis.
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– 1935, 2 « Canots » sur roues EK 21
Pour une utilisation terrestre, mais avec les moyeux de roues décentrés afin de donner au petit marin l’illusion du tangage et du roulis.
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– 1937, 2 Bateaux à pédales, « Hydroglisseurs », pour une réelle utilisation sur l’eau, rapides et bien manoeuvrables. 1 modèle enfant et 1 modèle adulte.
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Et enfin les modèles bas-de gamme, dits « Sélect », « Réclame » ou « Baby », et un renié, destiné à quelques magasins et qui n’a jamais eu l’honneur de porter la marque… Le pauvre ! En 1933 « Le Réclame 33 ».
– 1931, BB0/00, EK 11 et EK 11bis.
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– 1933, « Reclame ».sans reconnaissance.
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– 1935, « Réclame »,(remplace les modèles « Réclame 33 » et « BB0/00 »)
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– 1935, « Baby », EK 17.

– 1935, « Select », EK 18.
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Mais j’évoque toujours des jouets connus, ET LES AUTRES ?…
Là, Messieurs (et Mesdames) les collectionneurs, vous pouvez trouver une nouvelle source de projets,
de nouveaux objectifs pour l’année 2017, de quoi réveiller certain(e)s d’entre-nous qui, en manque de motivation, commenceraient à s’endormir sur une collection réunie depuis trop longtemps ou encore sur des connaissances incomplètes.

CELLE QUI POURRAIT ÊTRE LA PREMIÉRE VOITURE À PÉDALES EURÉKA, en 1922 ?
Dans son ouvrage de 1991 « Euréka, un siècle de jouets de rêve », M. Marcel Grandvoinnet ne l’évoque pas, et je n’ai pas eu l’occasion de le questionner personnellement à ce sujet.
Pourtant le catalogue de l’année 1922 la présente, mais personne ne l’a jamais vu.
Ne proviendrait-elle que des interprétations de l’illustrateur ?
Si vous-même, l’un de nos visiteurs, vous connaissiez bien cette auto, n’hésitez pas à m’en informer, je me ferais un grand plaisir de transmettre vos descriptions.

EUREKA TYPE 22

EUREKA TYPE 22

L’EURÉKA A MOTEUR ÉLECTRIQUE
Dès 1928 M. Xavier Grandvoinnet commence l’étude d’une voiture électrique. Sa mise au point délicate ne permet sa présentation qu’en 1933, dans l’enceinte de l’usine devant l’ensemble des employés, à l’occasion du cinquantenaire de la marque.
Pourtant remarquable et très efficace, (mais peut-être trop en avance sur son temps?) son prix de revient élevé ne permet pas sa commercialisation.
Elle sera présente à Paris, à plusieurs reprise, sur le stand de l’Écurie Euréka.
Très fiable, elle restera longtemps dans l’usine de Douville et connaîtra de nombreux utilisateurs, après avoir été repeinte et équipée de roues alvéolées.
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Eureka electrique

L’EURÉKA A MOTEUR THERMIQUE
M. Xavier Grandvoinnet, toujours à la recherche de l’innovation, étudie également un prototype à moteur thermique qui sera construit en 1934.
Il utilise le châssis de la « Grand-Prix » qu’il rallonge de 10cm pour y loger un moteur à essence 2 temps de marque Aubier-Dunne, type C 1OO cm3.
Le plus fantastique c’est qu’il emploie toute les pièces de la « GRAND-PRIX » dont il conserve même les pédales.
Elles permettent d’élancer l’auto à l’aide du décompresseur enclenché qui est relâché après avoir atteint une certaine vitesse pour entraîner et ainsi démarrer le moteur.
Eureka vient d’inventer une VÉRITABLE AUTO A PÉDALES ET A MOTEUR, une Hybride en quelque sorte;
Cette petite mécanique permet d’atteindre une vitesse supérieure à 30km/h, exceptionnelle pour un jouet à moteur de cette époque.
Les autres équipements du modèle Grand-Prix, même motorisés, remplissent parfaitement leur fonction; double frein à tambour, direction à crémaillère, débrayage, pneumatiques 350×55, roues, etc.
Malgré les précieux conseils du pilote d’essai pour peaufiner la mise au point de ce bolide, ce fabuleux jouet pourtant fiabilisé ne sera jamais diffusé.
Ici, à son volant, Marcel Grandvoinnet.
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LES EURÉKA A PÉDALES, POUR ADULTES ! « SELBA »
Et les merveilleuses SELBA, (anagramme de SABLE)…
Ce même M. Xavier Grandvoinnet étudie et réalise, en 1936, 10 voitures à pédales POUR ADULTES, commandées par un « loueur » de la ville des Sables d ’Olonne.
Ces autos-écologiques sont évidemment magnifiques.
Dotées d’une calandre en coupe-vent, d’une banquette en cuir, d’ailes aux phares profilés, prévues pour la location aux touristes (déjà), les beautés peuvent promener 2 personnes.
Comme le montrent les photos (hélas en trop basse définition) ce sont des « Super-Touriste » à l’échelle « adulte ».
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Je sais que l’usine du Père Noël est aujourd’hui située en Laponie, à Romanévie, mais on pourrait croire qu’à cette époque elle était bien en France, dans l’Eure, à Douville-sur-Andelle !

Malheureusement, la période faste se terminera avec la déclaration de guerre;
Les commandes diminueront considérablement et, faute de matière première, l’usine utilisera le bois de sa hêtraie pour fabriquer des poussette, des trottinettes et des caisses d’emballage.

L’après-guerre ne pourra pas connaître le « duo idéal » : Hélas, Monsieur Henri Kratz ne sera plus de ce monde… Il sera remplacé par son gendre, M. Albert Guérin.
M. Xavier Grandvoinnet, après des faits connus de résistance à l’ennemi, sera élu Maire de la commune de Douville à la libération.
Il dirigera l’usine jusqu’à là la fin des années 50 et il décédera pendant sa retraite en 1962.
C’est son fils, l’ancien pilote de course, M. Marcel Grandvoinnet qui prendra sa succession à la direction technique d’Euréka.
Je vous proposerai cette période précise, en détails, au cours de l’année 2017.

Je vous donne donc rendez-vous l’année prochaine… Dans quelques jours, pour le Volume 5 de « La Fabuleuse Histoire des jouets « Euréka » qui traitera de tous les autres jeux et jouets pendant cette même et heureuse épopée d’avant guerre.

Dans cette attente,
Je vous souhaite à toutes et à tous une BONNE ET HEUREUSE ANNÉE 2017.

Si les voitures à moteur pour enfant vous passionnent, je vous conseille les excellents ouvrages d’un spécialiste, notre ami GUY CHAPPAZ.
– « Les Automobiles pour enfants à moteur électrique »
http://voiturettescg.vpweb.fr
– « Merveilleuses automobiles à essence pour enfants » (éditions Glénat)

Je remercie mon ami Frédéric Grandvoinnet pour sa participation toujours aussi sympathique,
Ainsi que Philippe Levacher, ami et collectionneur de la belle Vallée de l’Andelle.

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